Le Mouvement Paysan de Papaye s’attaque à l’érosion des sols

Au cours des 60 dernières années, Haïti a subi une dégradation accélérée de son espace rural et de ses ressources naturelles. Afin de stopper le phénomène, le Mouvement Paysan de Papaye est engagé dans un programme au sein duquel l’accès à l’eau est au premier rang. Cette question constitue un élément clé dans la lutte contre l’érosion des sols et le renforcement du développement rural.

L’eau, source de tous les maux ?
En Haïti, rivières, sources, nappes phréatiques ne manquent pas. Pourtant, l’accès à l’eau représente un problème majeur pour des milliers d’Haïtiens, particulièrement dans les campagnes. Pour les familles paysannes du Haut Plateau Central, l’eau est vitale non seulement pour la consommation, mais également pour cultiver la terre. Les paysans doivent affronter une saison sèche qui peut s’étendre sur plus de 5 mois, pour ensuite avoir à braver des pluies parfois diluviennes. Durant la saison sèche, le manque d’accès à l’eau à proximité des habitations se fait cruellement sentir : cette contrainte limite le choix de cultures possibles et réduit des revenus déjà bien maigres. Pendant la saison des pluies, cultiver reste difficile : la déforestation sauvage qui sévit dans le pays depuis longtemps a conduit à l’érosion des sols et à la baisse de fertilité des terres.


Le Mouvement Paysan de Papaye en action
Dès les années 90, le MPP a lancé un vaste plan de gestion de l’eau. Aujourd’hui, son programme a pour ambition d’apporter l’eau essentielle aux cultures maraîchères et de lutter contre le fléau qu’est l’érosion des sols. Il compte doter les paysans d’infrastructures et de matériel permettant de stocker l’eau et de mieux irriguer les parcelles, mais aussi prodiguer des formations afin de développer une agriculture durable et préserver l’équilibre écologique de la région.

Former à l’agroécologie et à la gestion de l’eau
Jusqu’en juin 2013, les agronomes du MPP vont continuer de transmettre leurs connaissances et savoir-faire à plus de 60 paysans. L’objectif : leur enseigner les techniques de production agroécologique et agrosylvicole. L’accent sera mis sur les solutions à mettre en place pour faire face aux contraintes d’accès à l’eau : système d’irrigation, conservation des sols, plantation d’arbres. Afin de stocker et économiser l’eau, le MPP prévoit d’apporter aux familles paysannes un appui à la gestion de l’eau sous la forme de citernes couvertes, de systèmes d’éco-irrigation appelés goutte-à-goutte et de jardins sur pilotis qui contribueront à économiser l’eau.
Au terme de la formation en agroécologie, chaque participant transmettra à d’autres familles paysannes les techniques d’installation, d’entretien et d’irrigation acquises, et organisera des activités locales de conservation des sols et de protection de l’environnement. Au cours des prochains mois, quelque 900 paysans vont ainsi produire des plantules forestières et fruitières pour ensuite reboiser leurs parcelles, et construire des murets d’arbustes ou de pierres pour protéger leurs ravines, empêchant ainsi l’érosion de leurs terres.

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