La bonne gestion de l’eau : une priorité

« Dlo se lavi ! » Sans accès à l’eau, les conditions de vie des paysans du Haut Plateau Central sont très difficiles. Le Mouvement Paysan de Papaye se donne pour mission de sensibiliser les populations à une meilleure utilisation de cette ressource vitale, notamment à travers un programme d’appui au développement rural.

Former à l’agroécologie et à la gestion de l’eau

Après avoir déjà formé 23 apprentis depuis 2010, les agronomes du MPP vont continuer jusqu’en juin 2013 de transmettre leurs connaissances et savoir-faire à 67 hommes et femmes. L’objectif : leur enseigner les techniques de production agroécologique et agrosylvicole.

Sur 12 mois en alternance, ces jeunes vont recevoir une formation complète avec un volet théorique au centre « Lakay » du MPP et un volet pratique sur leurs parcelles.
Sur les 18 modules proposés, une bonne moitié portera sur les solutions à mettre en place pour faire face aux contraintes d’accès à l’eau : système d’irrigation ; conservation des sols ; plantation d’arbres...

Construire des citernes

En 2010, 29 apprentis maçons ont suivi une formation sur la fabrication de citernes couvertes, en ferro-ciment, d’une capacité de 15 m3, pour la collecte et le stockage de l’eau de pluie. Après avoir reçu leur kit d’outils, ils ont rejoint l’équipe de maçons expérimentés du MPP.

Sur la première partie du programme, ils ont déjà bâti 48 citernes. D’avril à octobre 2012, période de saison des pluies, ils entameront la construction de 72 autres citernes. Au total, 120 citernes auront été construites : 90 seront installées sur les parcelles des jeunes formés en agroécologie et 30 sur les jardins « prekay » [1] de familles paysannes de la région.

Stocker et économiser l’eau

Les paysans doivent affronter une saison sèche qui peut s’étendre sur plus de 5 mois, pour ensuite avoir à braver des pluies parfois diluviennes. Aussi, pour accompagner la mise en place de 150 jardins « prekay »* économes en eau, le MPP prévoit d’apporter aux familles paysannes un appui à la gestion de l’eau sous 2 formes :

  • l’attribution de citernes couvertes (celles réalisées par les apprentis maçons) qui prolongera la période de production de légumes ;
  • l’installation de systèmes d’éco-irrigation appelés goutte-à-goutte et de jardins sur pilotis qui contribueront à économiser l’eau.

Lutter contre l’érosion et protéger l’environnement

Au terme de la formation en agroécologie, chacun des 90 jeunes deviendra responsable d’une équipe agrosylvicole composée d’une dizaine de personnes. L’objectif : transmettre à d’autres familles paysannes les techniques d’installation, d’entretien et d’irrigation
acquises lors de la formation, et organiser des activités locales de conservation des sols et de protection de l’environnement.

Dans les prochains mois, 67 nouvelles équipes vont être constituées et d’ici juin 2013, 90 groupes seront actifs sur le Haut Plateau Central. Quelque 900 paysans vont ainsi produire des plantules forestières et fruitières pour ensuite reboiser leurs parcelles, et construire des murets d’arbustes ou de pierres pour protéger leurs ravines et donc empêcher l’érosion de leurs terres.

[1Jardin prekay (créole haïtien) : jardin maraîcher économe en eau « près de la maison ».

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