Citoyens sans identité, femmes sans pouvoir

Comptez les femmes dans les espaces de décision et de pouvoir politique, identifiez les personnes vivant dans le milieu rural haïtien, les enfants sans documents d’identité (batistè) et l’équité de genre font l’essence d’un plaidoyer lancé par le consortium MPP, SOFA, GVC dans le plateau central.

Suite à l’exécution du programme d’appui au renforcement technique des organisations de base financé par l’Union Européenne en Haïti via PARSCH/ BON, MPP, SOFA, GVC, à titre d’opérateur, ont lancé une campagne de plaidoyer le 28 mars autour de l’équité de genre, l’identification et de la participation des femmes dans les espaces de décision et de pouvoir politique. Ce quatrième trimestre coïncide avec la fin du projet le 31 mai prochain. Différentes autorités communales du département du centre ont répondu présent à cette invitation. Ce consortium lutte pour un vrai changement dans la vie de tous les citoyens du pays sans écarter les paysans qui constituent un poids économique et politique considérable et sont toujours oubliés par les gouvernants.

Mme Petra, représentante de l’Union Européenne, encourage la vive participation de chaque citoyen dans le développement local et durable du pays.

Olga Benoit, de la SOFA est très pragmatique dans son intervention : Les principes de base, Liberté, Egalité, Fraternité, sur lesquels notre société est fondée sont en désuétude : Pas d’Egalité là où notre législation établit différentes catégories de citoyen. Selon le recensement du janvier 2013, plus de 82% de gens qui n’ont pas d’acte de naissance (batistè) sont majoritairement de la paysannerie ; 93842 enfants de 5 à 14 ans dont 54% filles ne sont pas enregistrés nulle part dans les archives de l’Etat malgré l’installation des bureaux d’Etat civil dans les communes. Malgré la présence remarquable des femmes dans les luttes sociales pour le changement dans l’humanité, la société ne conçoit pas leurs valeurs comme telles.

Pour le responsable du MPP en l’occurrence Mr Philefrant ST NARÉ, l’inaccessibilité aux pièces d’identité est un poids lourd pour la paysannerie qui compte le plus grand pourcentage de personnes n’ayant pas de documents d’identité. Pour pouvoir changer cette situation, les organisations de la société civile doivent se mettre ensemble et agir pour forcer la structure de l’état de rendre efficace et efficient ce service au bénéfice de tous les fils et filles du pays. La participation active des femmes dans les espaces de décision et de pouvoir reste une obligation que les Organisations de la société civile doivent promouvoir à travers toutes leurs actions.
L’objectif du consortium pour le changement social peut être résumé en plusieurs points :

  • Tous les citoyens et citoyennes doivent être dûment enregistrés(es) dans les archives de l’Etat ;
  • Egalité de sexe dans l’administration publique, dans les organisations de base et dans les créations d’emploi...etc. ;
  • Construction d’une nouvelle politique axée sur l’intégration des femmes dans les espaces de prise de décision pour le pays.

    La refonte de la société sur l’équité de genre demande une conscience citoyenne reflétant notre passé historique où les femmes et les hommes se livrèrent de vie ou de mort dans la guerre pour notre indépendance.

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